Article L122-4
"Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque."
Article L335-2
"Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon ; et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 d'amende."
Article L335-3
"Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi."
14 mois
14 mois en enfer, 14 mois à ne rien faire, dormir, se retourner telle la pointe d'un crayon ou la vague déferlante sur un roc, un chocolat entre mon palais et un souvenir d'amours décentes n'ayant jamais existées. Aux enfers des fers aux pieds, des boules de papiers, des papillons dans le ventre s'envolent s'écraser sur la terre ferme. Le cœur k.o, avachi, repart claudiquant entre mélodies hasardeuses et silences sourds, la langue chargée de fiel. Le miel dégouline dans la gorge, les loups hurlant condamnent le sommeil à veiller sous la neige. De plumes de canards dans un édredon, je me couve et me découvre des ailes. J'hiberne en demi teinte de saison, l'été indien aux couleurs de braises souffle sur les années sombres.
Je me rendors, voilà soudain comme dans un rêve éveillé, le Prince Charmant aux dents longues, puis s'efface. À l'encre sympathique je gomme les imperfections, dans le miroir aux effets : des costumes; des plumes; des paillettes et des vestiges. Les ruines d'un cauchemar. Les anniversaires sont des jeux solitaires et les ballades nocturnes les somnifères d'un somnambule.
Il est déjà tard, la nuit devient le soir, le coucher de soleil la pleine lune, mes bagages sont prêts et une absence.
Je me rendors, il ne reviendra jamais. J'ai rayé de ma mémoire tout ce qu'il pourrait m'apporter, cet autre encore, de blanc vêtu, rayonnant de vertu et au visage parfait. J'ai peint un paysage nu. Une nuit blanche impalpable. J'ai disparue...des couloirs sinueux où l'encre de chine râpe, accroche, déchire la surface virtuelle d'un support révolu.
Dans la paume de mes mains des creux, des roches, des dunes de sables, des nuées de vapeurs ondulantes jusqu'au ciel sous-jacent, des destins croisés, des sinuosités absurdes et mon oreiller.
La couleur de la chambre est blanche, les volets sont bleus, je ferme les yeux attentive à la mer, puis les ouvrent sur un désert étendu à mes côtés, les portent se ferment et s'entrouvent jamais elles ne laissent passer la lumière.
J'ai tout perdu à vingts ans.
