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Écriture et témoignage


L'Aube

Publié par Solange sur 11 Février 2013, 10:19am

Article L122-4  
 
"Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque."  
 
Article L335-2  
 
"Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon ; et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende."  
 
Article L335-3  
 
"Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi."

 

Bonjour,

Ici naît une nouvelle page de ma vie où écrire est exister.

J'écris depuis très longtemps, aussi loin remontent mes souvenirs j'ai toujours écrit dans mes plus beaux rêves, ceux où j'étais vraiment qui je suis, j'étais écrivain sans croire devoir le mériter. Si belle et forte est la création, je m'en croyais indigne parce que je ne mesurais pas encore très bien ce qui m'empêchait d'être bien, je n'en mesurais pas l'impact et au fil du temps j'ai compris et défait le sentiment de culpabilité et la sous-estime qui en découlait.

L'enfant que j'étais a été tué, seule sa respiration subsistait encore mais il n'était devenu qu'une petite ombre dans cette immense humanité, dont il entendait parfois les échos dans sa conscience de solitaire, timide mais si prometteur à la curiosité d'explorer le monde, pour partager, comprendre, évoluer dans ce grand terrain de jeu qu'est la vie, la vie d'un artiste, d'un créateur.

Mais qui l'entendait lui (l'enfant) ?

Chaque jour que Dieu ou le hasard fait (c’est selon la sensibilité de chacun à entendre le monde) je le fais pour lui, pour lui donner une chance de vivre pleinement qui il est. Le fait d'avoir grandi dans ce corps un peu trop grand, un peu encombrant désormais parce que pas épanoui, je lui donne la parole, chaque fois que je respire, consciente aussi que je le fais pour la femme que je suis devenue.

Qui me voit comme une femme ? Qu'est-ce que ça veut dire être une femme ? Depuis l'adolescence j'entends des énormités sur ce que doit être un être selon son sexe, là où je ne vois moi que des êtres humains. Chacun des auteurs, acteurs, protagonistes de discours, débats se basant sur la sexualité, et les différences entre sexes opposés auxquels ils s'attardent si souvent, appréciant particulièrement la distinction, l'opposition à l'ouverture vers une possibilité d'entendre les faits par l'observation et la raison sans jugement, m'inflige l'odeur d'un plat peu ragoûtant, une musique incisive, douloureuse. Je n'entends plus alors que des bruits, des cris, des voix qui s'élèvent vers le firmament où se pose mon regard pour fuir la pesanteur de leur insaisissable mépris quant à la grandeur de l'âme et de l'esprit dont il ne souffle mot, ni ne témoigne.

Oui, j'aurais aimé, comme encore aujourd'hui, être portée, emportée vers des hauteurs consistantes, nourricières, vers qui mon esprit se serait posé, humblement, un instant, le temps de prendre une assez conséquente bouffée d'oxygène pour redescendre sur terre sans risquer le souffle coupé, sans risquer d'être étouffée.

La seule compagnie faisant grâce à mes yeux sont des livres, des lectures, de l'encre et du papier. Quel que soit la nature et la tournure des évènements jalonnant ma vie, je retourne toujours à cette impératif d'écrire, l'horloge pointant de son aiguille, comme la règle d'un professeur austère et autoritaire frappant l'esprit d'un élève étourdi, me rappel à l'injonction d'obéir à des priorités trop longtemps désertés, assez pour réagir sans rien regretter du passé, du vide, de l'océan stérile dans lequel j'étais plongé, une réalité quotidienne d'une banalité si ennuyeuse et si médiocre que j'en sors à la fois dévastée mais aguerrit, affranchit, grandit d'une puissance guerrière plus acerbe, plus déterminée que jamais. Je retourne au combat, le seul, le vrai, celui de la plume comme vérité intrinsèque et salvatrice.

Je suis écrivain, je ne suis pas là pour le prouver, je suis là pour l'éprouver, le sentir renaître en moi, entendre couler dans mes veines la vie fluidement intense qui m'anime alors, vivre, survivre au manque de résonnance extérieure à cette réalité. Une autre réalité me projetant dans une toute autre solitude que celle de l'écrivain et de la création. Une autre réalité, une autre solitude, par la force des choses additionnelle, qui est celle de la violence et de fait de vouloir s'en protéger.

L'écriture n'est pas une thérapie, je n'en n’ai d'ailleurs pas besoin, ce sont mes bourreaux qui devraient y avoir droit. L'écriture est mon soleil interne toujours présent malgré les turpitudes de congénères instables et dangereux.

Pourquoi sont-ils sur mon chemin ? Cela ne vous regarde pas, seuls ici ou là quelques indices vous indiqueront peut-être ce que l'humain traverse parfois et dont il ressort détruit ou construit, construit précisément lorsqu'il continu de prendre à bout de bras, la tête haute, frondeur comme il est, sa vie.

Je suis un témoin de mon temps et le seul de mon vécu.

Si demain je venais à mourir, peu d'âmes seraient présentes à mon enterrement. Si et seulement si elles pouvaient m'aimer tout en jouant du clairon et de la trompette, habillées de blancs et de couleurs enchanteresses...Si des anges pourraient alors se dire qu'un dès leurs est passé...Je m'en réjouirais à l'avance ! :) Quoiqu'il en soit je ne souhaite pas mourir parce qu'avancer est le seul mécanisme infaillible de l'explorateur.

Je suis une exploratrice, une curieuse de nature et la beauté du monde m'inspire.

Aimant la poésie, particulièrement le romantisme de Percy Byshe Shelley, je terminerais ces mots, une fois n'est pas coutume, par ceux du poète lyrique gallois, Dylan Thomas :

Mon oiseau d'or

Mon oiseau d’or, le soleil
A ouvert ses ailes, s’est envolé
De sa cage, le ciel,
Ô balancement !
Et, comme son ombre épuisée
Blanche d’amour,
La lune, mon oiseau d’argent
S’envole à nouveau
Vers son perchoir d’étoiles.

(Titre original : My Golden Bird)  Si vous avez le texte original en anglais merci de le partager.

(Titre original : My Golden Bird) Si vous avez le texte original en anglais merci de le partager.

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