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Écriture et témoignage


Lettre à ...

Publié par Solange sur 27 Mars 2014, 18:02pm

Prologue

Le dégoût est tel qu'il m'est difficile, impossible de désigner la personne à qui cette lettre s'adresse, si ce n'est peut-être par le nom d'un insecte comme celui-ci : cancrelat.

Je ne peux pas employer non plus le pronom mon résonnant comme une appartenance. Hors, cet être infâme n'a rien de ressemblant avec moi. Il ne m'appartient pas, je ne lui appartient pas, c'est un cancrelat, il est d'une espèce autre que moi.

Je ne peux pas non plus l'appeler père, le mien étant mort au Viêt-Nam alors qu'il était reporter. Il était aussi journaliste de la presse écrite. Et dans mes rêves je suivais ses pas. Ce père, je ne l'ai jamais connu, puisqu'il est mort dans les rêves où il est né. Un être fantasmé, un héros que l'autre dans la réalité n'a jamais été. Sans même jusqu'à vouloir parler de bravoure comme devant être une qualité suprême d'un père, cet autre est tout le contraire, peureux, lâche, inconséquent, orgueilleux, irrespectueux, salace et j'en passe. Inutile de lister les synonymes de la médiocrité, j'en deviendrait sinon une imitation.

Dans la réalité, mes parents étaient absents, je ne sais pas qui ils sont, ils ne cherchent pas à savoir qui je suis, encore aujourd'hui. Une autre partie de la famille souhaitait que je prenne de ses nouvelles et si à leurs yeux je tardais à le faire, j'avais droit à des reproches. Mais personne ne sait jamais soucié de savoir ce dont j'avais besoin, ce dont j'avais envie et pas envie. Et la culpabilité d'un viol subit, à fait taire toute possibilité de m'exprimer telle que je suis, je ne demandais rien, je subissais. Cela à servit à garder plus longtemps en moi un secret inavouable. Je me suis enfermé et j'ai obéit comme on fait profil bas quand on se sent coupable. J'étais effrayée à l'idée que cela se sache, en lisant dans mon regard que tout se devine, alors je le baissait de honte. Je me suis cachée, j'ai joué à effacé tout ce qui pouvait les alerter, je vivais dans la peur constante et les pleurs, que j'essuyais aussitôt que j'entendais des bruits, des pas, une voix. Un monde souterrain connu seulement de moi, à l'abri du regard et des jugements réprobateurs, dans la noirceur de mon âme qui n'était en réalité que douceur, générosité, je n'étais qu'une enfant. Cette noirceur ce n'étais pas qui j'étais mais, un silence de torpeur quand un homme s'approchait. Une angoisse. Au fil du temps, des années, rêver ne suffisait plus mais, le sentiment de ne rien devoir mériter me rongeait les sangs, j'avais tant envie de vivre, tant de désir à exaucer, j'enviais le monde extérieur, sa liberté...j'ai choisit la nuit comme refuge, pour cacher ma laideur, ma timidité, ma candeur, ma beauté intérieur.

Toutes les relations sont faussées depuis, j'évite des confrontations, même d'apparence sereine, j'entends par là pouvant même être constructives, parce qu'elles sont vécues comme un combat et à la longue, je préfère déserter plutôt que m'essouffler, pour par grand chose, le résultat étant souvent insipide, sans passion. Parfois, je me cache encore mon oreiller dans les bras, c'est un confort en l'absence de confiance en soi mais surtout de reconnaissance. Je ne suis plus un bébé mais, un être fragile par endroit et depuis que j'en ai parlé, il n'y a pas de réaction à la hauteur du drame. Un autre silence. Pas de surprise de ce côté là en somme, mes parents, ma famille, sont indifférents. Mais pas toujours, ils leur arrivent de me donner des pics, de me mettre des battons dans les roues, de m'insulter, de ne pas me respecter, de piétiner ma liberté, de marcher sur mes plates bandes. Ça sent vite le gaz dans l'air, dans cette atmosphère délétère les étincelles fusent, je ne suis pas ou plus à ma place, la guerre ce n'est pas ça, la véritable défend des valeurs, ici c'est la crasse ! L'autre côté de la médaille, la puanteur !

Mon autre sentiment de culpabilité est celui d'avoir aimé enfant, des gens qui ne m'aimaient pas. Et puis aussi par le fait que j'ai joué un jeu, le leur. Un jeu où je n'étais rien qu'un leurre, un trompe-œil. Qu'elle imprudence ! Une mascarade au masque faussement rieur, une fine fleur dans la fange, une mauvaise farce. Cette famille est une une sinistre farce, une blague sans saveur ! Lorsque mes lèvres s'articulaient, la vérité sortais, ricochant dans les limbes de leurs mensonges ou disparaissait dans leurs ricanements.

À l'école c'était la même rengaine, les gens jouaient à lancer des pics, alors j'en ai eut marre, moi qui me prédestinais à des études universitaires, j'ai quitté le lycée. Pourquoi rester dans un contexte stérile ? J'ai rendu une feuille blanche puis j'ai quitté le cours, mes camarades, tous ces visages, toutes ces présences pour en entendre qu'une ! La mienne, belle et sauvage !

Lettre à un mort ou La famille est un cauchemar - La mienne équivaut à celle de Maggie (H. Swank) dans One Million Dollar Baby.

Lettre à un mort ou La famille est un cauchemar - La mienne équivaut à celle de Maggie (H. Swank) dans One Million Dollar Baby.

Au géniteur

Votre absence me rendrait service, même quand vous n'êtes pas là vous y êtes, j'ai beau vouloir me départir de vous, vous revenez toujours à la charge. Je veux, que vous le compreniez ou non, que vous l'acceptiez ou pas, couper définitivement les ponts avec vous ! SILENCE RADIO ! Les quarantes prochaines années ! Je ne vous aime pas ! Je vous hais ! Quoique je fasse, quoique je dise vous me renvoyer toujours au visage votre mépris et votre méprise. Je ne suis pas l'image que vous vous faites de moi. Votre fille n'existe pas, c'est un mirage que vous vous inventez, pour mieux justifier votre incapacité à aimer des fleurs sauvages. Vous les préférez docile mais, si les sauvages en ont l'apparence, elles ont des épines, qu'elles vous enfonceraient bien dans le cœur, vos tempes et l'appendice qui est entre vos cuisses, inutile, faible vous êtes une perte de temps. Vous êtes mort depuis bien longtemps, je vous ais remplacé et le remplaçant est lui-même mort dans mes pensées. Mais pour cet être virtuel que j'ai inventé, j'ai une sympathie, une nostalgie, presque une envie de le resusciter. ...Pour me dire que j'avais un père et qu'il était bien.

J'ai tout fait, j'ai tout dit, dois-je me couper les veines, pour seule porte de sortie de votre emprise ? Lorsque je vous dis non, puis NON, vous ne me comprenez pas. Lorsque je vous dit merde vous ne comprenez toujours pas ! Vous êtes indifférent mais vous ne me laissez jamais tranquille.

Je ne vous vouvoies nullement par respect mais, parce que vous m'êtes étranger, étrangeté, d'un ailleurs, d'une autre planète, d'une autre race, un insecte. Vous qui ne m'accordiez pas d'espace par le passé, pas de chambre, pas d'intimité, et ce avec l'audace, la condescendance de ne pas m'accorder une quelconque confiance, alors que c'est à moi, à qui vous donnez le sentiment et la conviction qu'il faille se méfier de votre personne ! Vous êtes une ordure !

Depuis toute petite fille je réclame un espace, libéré de vos allers et venus, dans mon intimité, dans ma solitude et ma créativité. Je réclamais que vous frappiez à la porte de la chambre et de la salle de bain, avant d'entendre si je vous y accordait ou non l'accès mais, vous avez toujours fait fit d'entendre la réponse, franchissant toujours le seuil sans me poser de question ! Où m'oppressant en maugréant, pour que je m'empresse apeurée et ulcérée de l'ouvrir, pour mieux fuir me réfugier dans ma pensée, seule espace intacte parce qu'inviolable !Tentant désespéremment de préserver mon intégrité, mon amour propre !!! Non seulement vous ne m'avez jamais accorder d'espace terrestre mais, vous ne m'avez jamais non plus accorder d'espace verbale clément, vous jugez sans cesse ! Vous égratignez par votre bêtise, votre ignorance tout ce qui n'est pas vous, tout ce qui vous échappe en somme. Votre fille vous l'avez perdu lorsqu'elle était petite, lorsqu'elle vous adressait la parole, vous dédaigniez lui répondre. Quel mépris ! Il est vrai vous vouliez un garçon ! J'ai très vite compris par la suite qu'elle place vous lui réserviez à ce frère. Un espace libre ! Où vous insulter était possible pour obtenir tout ce qu'il voulait ! L'irrespect vous fait courber l'échine, ainsi il démontrait qu'il était bien le vôtre de fils, une merde sans nom, sans dignité, sans estime ! Vous marchez à la cravache, les roubignolles à l'air, vous pensez tenir vos couilles dans les mains, vous pensez les maîtriser l'air de rien, par la force du poignée lol,  vous roulez des mécaniques, vous brasser du vent, vous n'avez rien dans le pantalon, ni dans le ciboulot. Vous êtes un con !

J'étais morte ! Belle et bien morte ! Mais vous affronter aurait été comme se battre contre des moulins à vent, contre un sourd, un crétin, qui même en entendant, n'aurait rien compris ! Auriez-vous encore trouvé le moyen de chialer, comme votre sœur sait le faire, en versant des larmes de crocodiles ?

Je ne veux plus vous voir.

JE NE VEUX PLUS VOUS VOIR !

JE NE VEUX PLUS VOUS VOIR !

JE NE VEUX PLUS VOUS VOIR !

 

Vous êtes mort, mort depuis longtemps, depuis toujours.

Vous êtes sale, vous sentez mauvais et vos phrases sont bêtes ou assassines, elles n'ont jamais rien de constructives.

Vous n'avez jamais rien à dire d'intéressant, aucun centre d'intérêt intellectuel ou artistique pertinents, vous n'avez aucune hauteur d'esprit qui plus est, vous ne servez à rien !

SI VOUS N'ÉTIEZ PAS CE GÉNITEUR INFECTE

J'AURAIS PU VOUS CONNAÎTRE !!!

Vous êtes abjecte !

Je n'aime pas écrire de la sorte, ce n'est pas digne de moi mais digne de vous !

Vous êtes un poison !

Et je le paye cher, très cher !

Vous êtes faux comme votre sœur !

Et la farce que vous jouez tous me débecte !

Vous excusez, justifiez la violence !

Vous ne dites rien, laissez tout passer !

Vous êtes malsain !

Vous êtes à l'image de mes boureaux, un assassin !

Vous assassinez le beau et le joli, vous êtes laid !

Je ne suis pas votre fille !

Je vous renie !

 

Il en va de même pour ma mère et mon frère !

Ma vie est ailleurs, loin, très loin de vous, de Paris, de la France, de la Grèce !

Même si je venais à mourir....

Le silence sera radieux !

Pour vous de toute évidence mais, moi je serais libre, j'aurais un temps d'avance, que je vive ou je meurs j'aurais toujours un temps d'avance sur vous !!!!

Je suis plus intelligente et c'est ce qui vous a toujours fait peur, raison pour laquelle vous avez toujours voulu taire les évidences, que j'étais supérieur, pour vous sentir moins petit !

Vous êtes minable !

Un être humain doit de se tenir debout et de tendre le bâton pour relever l'autre par pour le frapper !

Épilogue

Par ces mots je ne suis qu'une pâle imitation de votre être.

Sans témoin, je suis bien mieux accompagnée, moi la sans ami, la sans mari, la sans enfant, la sans famille, je suis orpheline.

Et c'est la raison pour laquelle également j'aime tant mon indépendance mais, il y a un hic, un hoquet, un loquet mal enclenché, une serrure mal fermée, un couteau dans la plaie, la chair de ma nuque pendue à vos crochets : les 200 euros par mois que vous me donnez pour me nourrir, me laver, m'habiller...! La clé : seul mon livre pourra m'aider à couper chirurgicalement le cordon fébrile qui maintient encore en vie ce non sens qui nous unit à l'enfer !

Après je peux mourir ou vivre, ça n'aura plus d'importance.

Je ne sais rien faire d'autre qu'écrire, ma seul raison d'être, ma seule raison de vivre.

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